Rira bien qui rira le dernier

D’abord, me chamailler avec mon vieil ordinateur qui refuse de m’ouvrir une page…    Ensuite, me rabattre sur le portable qui est d’une lenteur exaspérante et dont le clavier est different. Je ne trouve plus les accents, crotte!    Bon, le v’la qui me met tout ca en gras et en travers, maintenant… Je vais quand meme l’ecrire cet article.

                  RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER!

Mon père avait le sens de l’humour. Heureusement, car il a été trop souvent malade.

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Photo: Vera K.

Mon père a passé la dernière semaine de sa vie à l’hôpital. Ce jour-là, il dînait. Je lui faisais la causette. Tout à coup, j’ai entendu un bruit de vaisselle cassée. Je me suis tournée, et j’ai constaté qu’une employée avait échappé un plateau contenant, entre autres, de la soupe! J’ai raconté l’incident à mon père. Peu après, la même employée est venue dans la chambre desservir. Et mon géniteur de lui lancer, les yeux pétillants, un sourire en coin: « Il paraît que t’as renversé un plateau… J’t’ai pas vue, est-ce que tu pourrais recommencer? » « Tout de suite, si vous voulez! », a dit la jeune femme avec le même humour bon enfant. Puis, le soir même, à 21h40, mon père s’est éteint. Il avait 82 ans.

Il m’arrive souvent d’afficher un sourire radieux et même de rire de bon coeur. En dépit du fait que cette gaieté n’est souvent qu’un masque, je préfère le porter afin de ne pas infliger continuellement à mon entourage une mine d’enterrement. Mais, au fond, j’ai hérité du sens de l’humour paternel. Précieux héritage, car cette qualité rend la cohabitation obligée avec la dysthymie un peu moins âpre.

J’ai eu le bonheur de retrouver, il y a un an, mon cher ami d’enfance à l’esprit pétulant, railleur, vivifiant. Nous avons franchi, tous les deux, un fossé de quarante années sans trop nous émouvoir! Et nous avons repris où nous avions laissé, mais avec encore plus de connivence, d’intimité, de bonne humeur. Aujourd’hui, quand nous tchatons sur Facebook, c’est pour nous livrer, le plus souvent, une sorte de duel verbal facétieux qui me fait immanquablement rire. Le rire cache une arrière-pensée d’entente, je dirais presque de complicité.(Henri Bergson) Mille mercis, très cher Jacot, mon vieux complice… Avec toi, mon moral est toujours à la hausse. Continuer à lire … « Rira bien qui rira le dernier »

Bonjour tristesse

C’est la veille de Noël. Ma mère a acheté un sapin naturel qui embaume le salon. Elle le décore avec grand soin.

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Photo: Vera K.

Elle installe des lumières de toutes les couleurs sur l’arbre; accroche des boules aux formes variées, d’une matière fine et fragile comme l’âme des enfants; place, un à la fois, des glaçons, avec beaucoup de patience et parsème aussi les branches de cheveux d’ange. Au pied de l’arbre, la crèche entourée de bergers et de moutons. Les Rois Mages viendront plus tard…

Ma mère cuisine depuis plusieurs jours. Des tartes, des beignes, des sandwichs roulés faits de pain coloré (rose, vert, jaune!), de tourtières. J’oubliais la dinde! Elle aussi, la pauvre(!) a été cuisinée avec amour. Enfin, le dessert royal, la bûche, aussi belle qu’alléchante. Cette opulence gastronomique est étalée sur notre modeste table revêtue pour la circonstance d’une nappe blanche, brodée et parée de vaisselle au motif doré, de diverses pièces d’argenterie, de verres en cristal…

Ce cérémonial m’enchante. Notre minuscule appartement, si peu attrayant, si peu accueillant, est soudain transfiguré. Tout est parfait pour le Réveillon. Ou presque. Peu après le souper, ma mère nous envoie nous coucher, mon frère et moi. Je suis persuadée que je n’arriverai jamais à dormir, mais je m’endors finalement. Et vers minuit, elle vient nous réveiller. C’est l’heure d’ouvrir les cadeaux qu’elle nous a achetés et emballés avec abondance de papiers, de rubans et de choux colorés.

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