Le supplice de la goutte d’eau

La dysthymie, c’est de la m… parce que c’est une maladie mentale et que toutes les maladies mentales sont de la m…

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Photo: Vera K.

Ça n’a l’air de rien, au premier regard, mais c’est sournois, retors, machiavélique. C’est une maladie d’un raffinement exquis. Exactement comme le supplice chinois qui consiste à laisser tomber une goutte d’eau à la fois sur la tête d’un condamné. À la longue… c’est la folie,puis la mort.

On peut mourir de dysthymie, comme on peut mourir d’un cancer. Parce que la dysthymie est une forme de dépression légère mais chronique. Et que la dépression engendre, parfois, un désespoir aigu, insupportable qui conduit l’être humain à son anéantissement.

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Photo: Vera K.

J’y ai pensé… à l’occasion. Cette idée m’habite  plus ou moins consciemment. Elle représente une option envisageable si jamais la vie redevenait trop dure à supporter pour mes capacités.

Tout le problème réside, en effet, dans ces capacités diminuées. Autrement dit, les symptômes. Il y en a plusieurs. Ils sont identiques à ceux de la dépression majeure, mais ils sont atténués. Atténués, mais chroniques… on ne fait qu’étirer la sauce!

Les voici dans l’ordre ou le désordre:

  • sentiment d’inutilité, d’impuissance et de désespoir
  • insomnie ou sommeil excessif
  • appétit moins grand que d’habitude, mais parfois beaucoup plus
  • difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions
  • manque d’intérêt à participer à des activités
  • diminution des pulsions sexuelles
  • évitement des autres
  • crises de larmes sans raison apparente
  • sentiments écrasants de tristesse ou de chagrin
  • sentiment déraisonnable de culpabilité
  • maux de tête et troubles digestifs fréquents
  • faible estime de soi, dévalorisation de tout ce que l’on fait
  • pensées relatives à la mort, à des choses morbides ou suicidaires (DÉPRESSION: Une maladie qui se soigne,  pharmacie Brunet)

« Si vous éprouvez au moins cinq des symptômes énumérés ci-dessus, et ce, pendant plus de deux semaines, ou s’ils se manifestent chez quelqu’un de votre entourage, communiquez avec un médecin. » ajoute, laconiquement, le dépliant publié par une pharmacie.

Je présente tous les symptômes énumérés ci-haut, sauf ceux qui touchent l’appétit (qui est resté normal), les maux de tête – troubles digestifs (dont je me passe très bien) et la concentration (je suis capable de lire un livre sans perdre le fil).

Onze symptômes sur une possibilité de quatorze, c’est lourd. Très lourd.

J’ai reçu le diagnostic de dysthymie il y a une douzaine d’années. Un médecin spécialisé en santé mentale, après m’avoir écoutée pendant quatre-vingt-dix minutes, a conclu que je souffrais de cette maladie. Il m’a montré une feuille sur laquelle étaient énumérés et brièvement expliqués tous ses symptômes. Je me suis reconnue comme si je m’étais regardée dans un miroir!

Curieuse de nature, j’ai voulu en savoir plus sur cette maladie. Première déconvenue: je ne trouve aucun livre écrit sur le sujet, ni par des spécialiste ni par des personnes souffrant de dysthymie. La dysthymie n’est jamais qu’un chapitre (ou quelques paragraphes ou même quelques lignes) dans un livre consacré à la DÉPRESSION. Rien de plus. Et des livres, j’en ai lu beaucoup au fil des ans.

Parallèlement, je fais des recherches sur Internet qui, lui, regorge d’articles sur la dysthymie. Seconde déception: ces articles répètent tous, grosso modo, la même chose, mais le ton m’agace, m’indispose. Soit il baigne dans la commisération de service, soit il se gargarise d’érudition futile. Pas ou peu de réelle empathie susceptible d’apporter du réconfort à des personnes qui en ont tellement besoin.

La sensibilité, dans ces articles, s’en trouve, parfois, tellement refroidie, tellement intellectualisée qu’elle frôle l’indifférence. L’indifférence s’est abattue sur le monde, ce qui est peut-être un des aspects les plus tristes de notre temps. Les hommes de XXe siècle sont devenus des pêcheurs à la ligne, qui restent assis à contempler leur bouchon quand quelqu’un se noie à un mètre d’eux. (« Les horreurs de l’amour », Jean Dutourd, de l’Académie française)
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Mère Teresa déplorait, elle aussi, la grande indigence émotionnelle de notre monde occidental tellement plus préoccupé des objets que des êtres humains. À ses yeux, nous étions (et sommes toujours) beaucoup plus pauvres que les plus pauvres parmi les pauvres dont elle a pris soin toute sa vie!

Mais, fort heureusement, un des premiers articles sur lequel je suis tombée, s’avère une exception qui confirme la règle. C’est un article écrit en 1999, par Diana Ballon, et qui s’intitule Le mal de vivre.

L’article est une traduction. Madame Ballon, qui vit présentement à Toronto, est un écrivain et un éditeur anglophone qui souffre elle-même d’anxiété et de dépression. Les informations qu’elle donne à son sujet sur son site Internet (dianaballon.com) témoignent à la fois de son bagage universitaire et d’un humanisme sans prétention. My belief is that people work with their difficulties, and their ability to cope with adversity is as much a part of their life as their suffering.

L’article de Diana Ballon décrit avec justesse et sensibilité la réalité d’une personne souffrant de dysthymie.

D’abord, le sous-titre: La dysthymie: un état peu connu et rarement soigné, résume parfaitement la situation que j’ai vécue à fréquenter une pléthore de professionnels de la santé. Sur la douzaine et plus de psys de toutes les écoles, une seule m’a dit que j’étais une personne qui manifestait une attitude pessimiste et que la prise d’antidépresseurs me ferait sans doute du bien. Voulait-elle parler de dysthymie? Je l’ignore. Les circonstances de la vie ont fait que j’ai cessé de la voir et que je n’ai pas suivi son conseil.

Madame Ballon donne des informations générales sur la maladie, à savoir que la dysthymie s’installe habituellement à l’enfance ou à l’adolescence (durant mon enfance, la maladie se manifestait par de l’irritabilité, puis à l’adolescence, la maladie a pris la forme de la dépression). Que 90% des personnes dysthymiques auront une dépression grave au cours de leur vie (situation que j’ai vécu à deux reprises). Que la dysthymie est trois fois plus courante chez les personnes qui ont des antécédents familiaux de dépression (ma mère a souffert de dépression). Que 75% des personnes dysthymiques ont d’autres troubles psychiatriques, comme des phobies sociales, des troubles anxieux, ou encore des problèmes liés à l’alcool ou à d’autres drogues (je fais partie du 25%, Dieu merci!)… 

Cependant, le coeur de l’article écrit par Diana Ballon réside dans les propos du Dr Michael Thase qu’elle rapporte. Le Dr Thase est professeur de psychiatrie à l’école de médecine de l’Université de Pittsburgh et expert en la matière. Lors d’une conférence de professionnels de la santé à Toronto, le professeur a souligné l’importance de traiter cette condition débilitante trop longtemps ignorée, qui affecterait entre trois et cinq pour cent de la population… La dysthymie réduit considérablement la qualité de vie… elle serait aussi contraignante qu’une dépression grave ou une insuffisance cardiaque globale et plus contraignante que le diabète ou un ulcère gastro-duodénal…

Je n’ai lu nulle part, ni jamais entendu de la bouche de mes médecins que: LA DYSTHYMIE RÉDUIT CONSIDÉRABLEMENT LA QUALITÉ DE VIE. Mais Dieu sait si c’est vrai! Personne non plus, à ma connaissance, n’a établi de comparaison entre la dysthymie et des maladies physiques, ce qui permet de saisir beaucoup plus facilement la gravité de cette forme de dépression. Et comme ces paroles de consolation, d’apaisement, de secours sont douces à l’oreille d’une personne qui souffre de dysthymie!

Cette comparaison me touche intimement, d’abord parce qu’elle témoigne d’une compréhension rare, pénétrante, sensible, humaine de cette maladie mal connue avec laquelle je dois vivre, jour après jour. Ensuite, parce que mon père a souffert pendant plus de quinze ans de problèmes cardiaques. J’ai vu mon père s’y reprendre à trois fois pour s’habiller et se déshabiller; obligé de limiter sa consommation d’eau afin d’éviter la noyade (!); incapable de descendre au sous-sol de sa maison ou de prendre une toute petite marche; exprimant son désir de mettre fin lui-même à ce supplice…

Le Dr Thase ajoute: Une dysthymie non soignée peut durer des années, voire des décennies… (déjà cinq décennies, en ce qui me concerne). Entre 35 et 40% des personnes atteintes ne se marient jamais (j’ai eu le bonheur, quant à moi, de me marier… à 55 ans) De nombreuses personnes dysthymiques passent de deux à trois jours par mois au lit (je passe plus de seize heures par jour au lit). La plupart d’entre elles n’occupent pas d’emploi (j’ai travaillé tout au plus quatre ans, puis j’ai vécu, jusqu’à mon mariage, grâce aux prestations de la Sécurité Sociale) ou n’obtiennent pas de promotion, et s’absentent souvent de leur travail ou ne respectent pas leurs échéances. La plupart ont une attitude pessimiste (ce que me disait, à juste titre, la psychologue mentionnée plus haut) et de la difficulté à gérer le stress, ce qui rend les défis difficiles à relever (mon portrait sans retouches, ou presque!).

Malgré ses effets néfastes, la dysthymie passe souvent inaperçue. Je remarque que le dépliant de la pharmacie, publié en 2012, mentionne : la dépression saisonnière, le baby blues et la dépression post-partum… mais ignore superbement la dysthymie!

Diana Ballon rapporte également les propos du Dr Zindel Segal de l’Unité de thérapie cognitivo-comportementale du Centre de toxicomanie et de santé mentale. Le Dr Segal explique que dans les premiers temps, on s’intéressait beaucoup plus aux troubles intenses qu’aux troubles chroniques. Cela signifie que l’attention a été portée vers la dépression grave, dont les symptômes sont plus intenses, même si la dysthymie chronique cause davantage d’absentéisme au travail et de difficultés sociales. 

Il semble que la situation, en 2016, ne se soit guère amélioré. La psychiatrie moderne (pour l’avoir fréquentée jusqu’à tout récemment) et la médecine moderne en général ont la phobie de la mort. À l’image de la société du XXIe siècle. Aussi, ne s’intéressent-elles, en priorité, qu’aux maladies susceptibles d’entraîner la mort à plus ou moins court terme et aux personnes qui menacent de mettre fin brutalement à leurs jours.

Petite anecdote: par un bel après-midi, j’ai rendez-vous avec une pharmacienne de l’Institut universitaire en santé mentale. Ce que je souhaitais être un dialogue sur les différents médicaments que j’ai pris ou que je pourrais prendre, s’avère bientôt un monologue étourdissant qui fait l’apologie du psychiatre traitant. Et, pour terminer en beauté, la pharmacienne me dit que je suis « chanceuse », mon « dossier est mince », et surtout je n’ai jamais été « hospitalisée ». Je crois rêver! À ses yeux, je ne suis pas vraiment malade… ou si peu. Je me noie dans une goutte d’eau, c’est clair, alors que les patients hospitalisés qu’elle voit quotidiennement, eux, font face à des raz-de-marée!

Si la dysthymie  réduit considérablement la qualité de la vie, c’est, entre autres, à cause de son côté retors, perfide. En effet,… de nombreuses personnes méprennent les symptômes de la dysthymie (comme le mécontentement continuel ou la propension à se plaindre) pour des traits de caractère... de dire le Dr Segal. Quant à moi, j’ai tendance à penser que je suis une ingrate, de nature, incapable d’apprécier ce que la vie lui a donné de bon. Une Cassandre moderne. Que je m’apitoie sur mon sort. Que si je me donnais un coup de pied au derrière, les choses iraient mieux. C’est d’ailleurs l’avis de quelques personnes qui ont croisé ma route et qui étaient, pour certaines d’entre elles, des professionnels de la santé (!).

Pendant toutes ces années où j’ai souffert de dysthymie sans le savoir, il ne m’est jamais venu à l’idée que j’étais malade. Que les neurotransmetteurs dans mon cerveau ne transmettaient pas les messages correctement. Que les hormones du dit cerveau étaient déficientes ce qui engendrait tristesse, fatigue, désespoir… J’ai pensé que toute cette m…, c’était moi. Mon vrai moi! 

Aussi, si vous souffrez de cette étrange maladie aux racines grecques, ne soyez pas étonné d’éprouver si durement ce MAL DE VIVRE.

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Graffitis sur table de pique-nique   Photo: Vera K.

Vous qui lisez cet article et qui souffrez de dysthymie ou d’une autre forme de dépression:

  • vous sentez-vous « a-normal »?
  • quels symptômes sont les plus difficiles à vivre?
  • avez-vous déjà songé au suicide?
  • la dysthymie réduit-elle beaucoup la qualité de votre vie?
  • êtes-vous en mesure de travailler?

N’hésitez pas à m’écrire!

 

 

8 réflexions sur « Le supplice de la goutte d’eau »

  1. Wow.. Je me reconnais tellement dans tes textes.. Une TS m’a parlé de cette maladie et depuis je pleure car je comprends enfin ce que j’ai. Merci de partager ton expérience avec nous. J’espère que tu vas bien!

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    1. Merci Kim. J’apprécie beaucoup ton commentaire. Il y a des jours où ça va assez bien et d’autres où ça va moins bien… Un petit conseil d’amie: fais très attention à la fatigue qui décuple les émotions. Et une fois que tes larmes seront séchées, cultive l’humour qui rend la vie supportable et parfois même agréable!

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  2. bonjour 🙂 je découvre votre blog, merci beaucoup !! je n’ai pas de diagnostic officiel mais je me reconnais dans les symptômes de la dysthimie 🙂
    je n’ai pas trouvé l’article de madame ballon, pourriez vous me donner le lien s’il vous plaît ?

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  3. Bonsoir

    Merci pour ce texte que je viens de lire. J’ai la chance d’avoir un bon travail , une femme et 3 enfants. Du coup vue mes états d’âmes et ma fatigue et mes énervement sur mes enfants (Pas de violence ne vous en faite pas) j’ai décidé janvier 2018 d’aller consulter pour canaliser tout ça car je n’accepte pas que ça se repporte sur les enfants. Du coup janvier 2019 et après consultation d’un deuxième docteur, on me sort que je suis malade et que cela s’appelle la disthymie. J’ai 38 ans cela fait je dirais 25 ou 30 ans que je travaille sur moi même pour maccepter comme je suis et aujourd’hui on me dit que finalement ce n’est pas moi. J’ai une petite rage, de la tristesse mais surtout je n’ai plus aucun repère ! Je ne sais pas quoi faire ou comment le prendre et je suis bien loin de l’accepter comme tel. Du coup les idées noirs que j’ai depuis tout ces années sont bien plus fortes et présentent qu’avant. Comme vous le savez, je ne veux pas mourir, j’ai une femme magnifique qui m’aime et en plus me comprend, 3 enfants en bonne santé et à croquer, alors pourquoi vouloir partir!!!?? Ça me rend dingue , car maintenant je me dit que comme je suis malade, j’ai une bonne excuse. Alors oui je vais continuer de m’occuper d’aller bien, et j’ai la chance de pouvoir commencer a mieux comprendre ce qui se passe dans ma tête, car sincèrement, si je ne faisait rien, je pense qu’au final cette chose,cette maladie, m’aurait eu à l’usure

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    1. Merci Fred pour votre touchant témoignage. Je comprends votre désarroi devant ce diagnostique inattendu. Par ailleurs, vous avez réalisé, après la lecture de l’article, que vous êtes parmi les « dysthymiques » privilégiés. En effet, avec un bon travail, une femme qui vous aime et trois enfants en santé, vous êtes dans une situation meilleure que 80% à 90% des personnes qui souffrent de dépression chronique. Mais cela n’atténue en rien (ou si peu) vos idées noires, je le sais bien! Vous me dites que vous travaillez sur vous-même depuis presque aussi longtemps que vous marchez sur cette terre. Je vous suggérerais d’arrêter pour un moment ce travail qui vous épuise. Prenez le temps de vivre, même si vous sentez que vous ne vivez qu’à moitié. Observez attentivement vos enfants pendant qu’ils sont encore avec vous. Regardez-les mordre dans la vie et remerciez le père que vous êtes parce que c’est lui qui fournit un cadre adéquat dans lequel ces enfants peuvent s’épanouir. Un dernier point, faites attention à l’apitoiement. Il vous isole du reste de l’humanité souffrante.

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  4. Bonjour…
    Bravo et merci pour ce blog…
    j’ai 35 ans, le 2 janvier, en larmes, je suis allée voir un médecin, encouragée par une amie…
    et depuis 3 semaines je suis sous anti-dépresseurs et ai entrepris une énième thérapie.

    C’est réconfortant (si si…) de lire un être humain et pas seulement des rapports santé magasine ou psy.com.
    C’est en vous lisant il y a 3 jours que j’ai entendu parler pour la première fois de dysthymie et que j’ai compris que j’en souffrais…
    « Claque de soulagement » pense en souriant la maso en moi 😉
    cela légitime ma souffrance mais en même temps cela l’affirme…
    oui, déjà l’enfance…
    des phrases résonnent :
    « elle n’aime rien celle là! »
    « oh elle nous coûte pas cher! »
    « et ça ça te ferait pas plaisir? »
    « tu veux pas aller jouer avec tes copains? »
    alors que j’ai toujours tout eu pour être heureuse…
    d’où culpabilité, ingratitude, honte, dénigrement, indifférence, isolement, désespoir
    et l’horrible question : comment peut-on m’aimer?

    votre blog et vos écrits me réconfortent, merci
    et j’embrasse de mes grands bras tous les dysthymiques de la Terre.

    Merci pour la clé de l’humour, je suis encore un peu collée le nez dans la souffrance, la regarder avec un peu de recul me fera sûrement du bien, ou… la rendra supportable?

    Une dernière chose : Vous dites qu’il faut s’entourer. Je suis tentée de parler à tous mes proches (desquels je me tiens loin depuis des années…) et toutes les personnes qui comptent ou ont compté pour moi, et leur dire, leur expliquer… que ce n’était pas eux, que c’est moi, car je suis très seule,
    mais j’ai peur d’être rejetée, de les souler, d »être prise en pitié…
    (j’en ai eu aussi des « oh les gens dépressifs, non merci! »)

    Qu’en pensez-vous?

    merci… ❤

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  5. Bonjour Volcancalme (en passant, j’adore votre pseudonyme!)
    C’est moi qui vous remercie pour votre beau témoignage. J’espère que les antidépresseurs qu’on vous a prescrits vont vous aider, d’une façon ou d’une autre.
    En ce qui concerne votre énième thérapie, j’aurais le goût de vous dire ce que j’ai dit à Fred (qui est juste au-dessus de vous, littéralement), à savoir d’arrêter pour un moment ce travail… En effet, je constate qu’un grand nombre de personnes qui souffrent de dépression chronique sont des abonnés de la thérapie. J’ai fait partie de ce groupe pendant des décennies. Et puis un beau jour j’ai cessé d’aller consulter. Et j’ai compris, petit à petit, pourquoi mes essais en thérapie avaient été infructueux. Il y a un proverbe indien, je crois, qui dit: « Quand l’élève est prêt, le maître apparaît ». Alors, si vous sentez qu’une énième thérapie ne vous apportera rien de neuf, laissez tomber et concentrez votre attention sur la Vie.
    La Vie, d’ailleurs, vous a placé devant un beau défi: reprendre contact avec vos proches et des gens qui ont compté pour vous, parce que vous vous sentez seule,… tout en leur annonçant que vous souffrez de dysthymie! D’abord, si vous avez rompu les attaches avec ce beau monde, ce n’est surtout pas, comme vous semblez le croire, parce que vous souffrez de dépression chronique. C’est parce que vous aviez de bonnes raisons de ne pas vous entendre avec ces personnes. Or ces raisons n’ont probablement pas disparu, songez-y avant de prendre le téléphone. Tâtez le terrain et soyez très prudente. Par ailleurs, il existe de nombreux groupes de soutien auxquels vous pourriez adhérer et qui pourraient vous permettre d’établir des nouveaux contacts.

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